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Proparco entre au capital de CarbonFarm pour réduire les émissions de méthane des rizicultures

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À l’heure où la réduction du méthane s’invite au cœur de l’agenda de la COP31, Proparco annonce un investissement de 1 million d’euros dans CarbonFarm. La startup française, spécialisée dans la décarbonation des rizicultures, rend les réductions d’émissions de méthane mesurables, vérifiables et déployables à grande échelle grâce aux technologies satellitaires et à l’intelligence artificielle. Réalisé dans le cadre de sa levée de fonds en Série A, cet investissement s’inscrit dans la stratégie « Capital naturel » de Proparco et permettra à CarbonFarm d’accélérer le déploiement de sa solution dans les pays émergents.

La riziculture constitue un levier encore largement méconnu de la lutte contre le changement climatique. La production de riz est à l’origine d’environ 12 % des émissions mondiales de méthane, soit près de 1,5 % de l’effet de réchauffement de l’ensemble des gaz à effet de serre.

Or, le méthane est le deuxième contributeur au réchauffement climatique après le CO₂ et son pouvoir de réchauffement est particulièrement important à court terme. Réduire rapidement ces émissions constitue un levier important pour agir sur le rythme du réchauffement climatique au cours des prochaines décennies.

Réduire les émissions de méthane… et la consommation d’eau

Une grande partie de ces émissions provient de la manière dont le riz est traditionnellement cultivé. L’inondation prolongée des rizières crée des conditions anaérobies dans les sols, favorisant la production de méthane. Une pratique agricole relativement simple, l’Alternate Wetting and Drying (AWD), permet au contraire d’alterner périodes d’irrigation et d’assèchement contrôlé des parcelles.

Cette évolution des pratiques peut réduire d’environ 50 % les émissions de méthane et d’environ 30 % la consommation d’eau, sans transformation profonde des systèmes agricoles. Elle présente donc un potentiel important, notamment dans des régions où la disponibilité en eau est déjà fortement contrainte. D’autant que cette technique intègre également un aspect adaptatif, puisque la stimulation du système racinaire lui permet de gagner en robustesse et rend les rizicultures plus résilientes face au changement climatique.


Une startup française à la croisée de la climate tech et de l’agriculture

Fondée en 2022 par Vassily Carantino et James Hastwell, CarbonFarm s’est donné pour mission de décarboner la production de riz en permettant notamment aux agriculteurs de bénéficier d’incitations économiques liées à leurs réductions d’émissions. La startup associe pour cela expertise climatique, données satellitaires et intelligence artificielle.

Vassily Carantino, CEO et cofondateur, a travaillé sur les enjeux de durabilité et de climat chez McKinsey après une première expérience dans la data et la technologie. James Hastwell, CTO et cofondateur, est spécialiste de la data science et du développement de produits fondés sur l’exploitation de données à grande échelle.

Leur constat : si des pratiques agricoles permettant de réduire les émissions du riz existent et sont scientifiquement documentées, leur déploiement auprès de très nombreux petits producteurs nécessite de pouvoir démontrer, de manière fiable et à grande échelle, que les changements de pratiques ont effectivement eu lieu et d’en quantifier les effets.

C’est ici qu’intervient le savoir-faire de CarbonFarm : rendre ces réductions d’émissions mesurables, vérifiables et déployables à grande échelle.


Observer les rizières depuis l’espace pour mesurer leur impact climatique

CarbonFarm développe une solution numérique de Measurement, Reporting and Verification (MRV) utilisant notamment l’imagerie satellitaire et l’apprentissage statistique.

La technologie permet de suivre à distance certaines pratiques agricoles, en particulier la gestion de l’eau, et d’utiliser ces observations pour quantifier les émissions de gaz à effet de serre. L’objectif est de disposer de données plus fiables, indépendantes et exploitables à grande échelle, y compris lorsque les projets regroupent un grand nombre de petites exploitations.

CarbonFarm accompagne également les acteurs agricoles dans les différentes étapes nécessaires au développement de projets carbone : collecte et gestion des données, quantification des réductions d’émissions, certification et valorisation des unités carbone.

En réduisant la complexité et le coût du suivi des projets, cette approche doit permettre aux entreprises agricoles et à leurs partenaires locaux de développer des programmes incitant les riziculteurs à adopter des pratiques moins émettrices.

La finance carbone peut ainsi contribuer à financer la transition : les réductions d’émissions vérifiées peuvent générer des revenus permettant de rémunérer les agriculteurs, de financer leur accompagnement et de poursuivre le déploiement de nouvelles pratiques. Un enjeu considérable pour la très grande majorité de petits producteurs, à l’heure où, en Asie, la moyenne de la surface cultivée dans les rizicultures représente aux alentours de 1,15 ha.


Une nouvelle illustration de la stratégie « Capital naturel » de Proparco

Cet investissement s’inscrit dans la stratégie « Capital naturel » de Proparco, qui vise à mobiliser davantage de financements privés en faveur de la préservation et de la restauration des écosystèmes et de l’utilisation durable des ressources naturelles.

Cette stratégie intervient notamment autour de trois grands axes : la conservation et la restauration des forêts et des mangroves ; la gestion durable des terres agricoles  ; et le développement de pratiques durables et régénératrices pour les écosystèmes marins.

Avec CarbonFarm, Proparco accompagne une nouvelle génération d’acteurs français de la climate tech qui mettent la technologie et la donnée au service de solutions déployées dans les pays émergents. Plus de 90 % des clients et projets sur lesquels travaille actuellement CarbonFarm se situent dans les géographies d’intervention de Proparco, notamment en Asie.

Vassily Carantino, CEO et cofondateur de CarbonFarm : « Nous observons une véritable accélération de l’intérêt pour la décarbonation du riz, tant sur le marché volontaire que dans les mécanismes réglementés du carbone. Les récents engagements d’Amazon et de Google dans le secteur illustrent cette prise de conscience. Le méthane, qui fait partie des superpolluants, mérite une place beaucoup plus importante dans les stratégies climatiques des entreprises, aux côtés des investissements dans la capture de CO₂. La décarbonation du riz permet de conjuguer des bénéfices majeurs : réduire les émissions, économiser l’eau, améliorer les revenus des producteurs et renforcer leur résilience face au changement climatique.
Nous sommes ravis de nous associer à Proparco, l’un des DFI les plus actif sur les marchés carbone, pour mobiliser la finance carbone et accélérer l’adoption de pratiques rizicoles durables à grande échelle, partout dans le monde. »

Jean-Gabriel Dayre, responsable de la division Capital naturel de Proparco : « La réduction des émissions de méthane est l’un des leviers dont nous disposons pour obtenir des bénéfices climatiques importants à court terme, et la riziculture offre à cet égard un potentiel considérable encore insuffisamment exploité. CarbonFarm illustre pleinement l’ambition de notre stratégie Capital naturel : accompagner des solutions fondées sur la science, capables de transformer les pratiques agricoles et de produire des impacts positifs et mesurables pour le climat, les ressources naturelles et les petits producteurs. Nous sommes particulièrement heureux d’accompagner cette startup française qui met l’innovation, l’imagerie satellitaire et la donnée au service d’un enjeu climatique mondial, avec la capacité de déployer sa solution à grande échelle dans les pays émergents et en développement. »