Partager la page
Soutenu par Proparco et la BAD, Qair installe 30 MW solaires au Tchad
Publié le
La société française Qair franchit une étape clé en réunissant près de 30 M€ de financement – 15 M€ de Proparco et 15 M€ de la Banque africaine de développement (BAD) – pour son projet de deux centrales solaires de 30 MWp aux portes de N’Djamena. Ce projet soutiendra la transition énergétique et améliorera l’accès à l’électricité dans la capitale tchadienne, tout en illustrant le modèle gagnant-gagnant de l’expertise française au service des besoins des populations locales.
Proparco et la Banque africaine de développement (BAD) viennent de signer le financement de deux centrales solaires photovoltaïques d’une capacité totale de 30 MWp, développées par Qair. Situées à Gassi (7ᵉ arrondissement) et Lamadji (10ᵉ arrondissement), à proximité de la capitale tchadienne, ces infrastructures seront raccordées à la boucle 90 kV de N’Djamena et intégreront des systèmes de stockage par batteries d’une capacité totale de 30 MWc et 8 MWh afin de sécuriser l’injection d’électricité sur le réseau.
Dans un pays où seuls 11,7 % de la population ont accès à l’électricité – l’un des taux les plus faibles au monde – et où la production repose encore essentiellement sur des centrales thermiques au diesel et au fioul lourd, ce projet constitue une avancée majeure pour diversifier le mix énergétique, réduire les coûts de production et renforcer la résilience du système électrique.
Pour Proparco, un investissement stratégique dans un contexte local exigeant
Le secteur énergétique tchadien fait face à un déficit structurel d’investissements, à l’absence de réseau national interconnecté et à une forte pression sur la trésorerie de la société nationale d’électricité. Le réseau de N’Djamena concentre près de 90 % des ventes d’électricité, tout en ne couvrant qu’environ un tiers de la capitale, qui compte près de 1,4 million d’habitants.
Les deux centrales seront implantées à environ 14 km et 11 km du centre de N’Djamena, un environnement opérationnel exigeant. Malgré ces contraintes, le projet s’inscrit dans une dynamique positive marquée par une reprise économique (croissance du PIB estimée à 5,6 % en 2025) et par des réformes engagées dans le secteur énergétique avec l’appui de partenaires internationaux.
Outre l’amélioration de la qualité et de la disponibilité de l’électricité dans la capitale, le projet permettra de :
- Réduire la dépendance aux carburants importés ;
- Limiter les émissions de gaz à effet de serre ;
- Soutenir l’activité économique locale grâce à la phase de construction et d’exploitation ;
- Renforcer les capacités techniques nationales dans le domaine des énergies renouvelables.
Proparco capitalise également sur son expérience avec la société française Qair en Afrique de l’Ouest, notamment au Burkina Faso, où un projet solaire financé conjointement a été mis en service en 2024 malgré un contexte régional difficile, démontrant la résilience du partenariat.
Ce financement s’inscrit pleinement dans la stratégie de PROPARCO en faveur des pays fragiles et des infrastructures durables. Le projet contribuera directement aux :
- ODD 7 – Énergie propre et d’un coût abordable ;
- ODD 8 – Travail décent et croissance économique ;
- ODD 9 – Industrie, innovation et infrastructures ;
- ODD 13 – Lutte contre les changements climatiques.
Avec cette opération, Proparco réaffirme son engagement en faveur d’une transition énergétique inclusive dans les pays du Sahel, en mobilisant des financements de long terme au service du développement durable et de la stabilité économique