Partager la page
Comment Proparco a aidé la banque KCB à intégrer la dimension climatique dans ses décisions bancaires
Publié le
Le changement climatique s’impose progressivement aux banques : de plus en plus intégré à la gestion des risques, il relève aussi de la mise en conformité réglementaire tout en pouvant représenter de véritables opportunités commerciales. Proparco a accompagné KCB Bank Kenya, la plus grande banque d’Afrique de l’Est en parts de marché, à travers un programme d’accompagnement technique consacré à la finance climat. Ce soutien a permis d’intégrer de manière plus systématique les enjeux climatiques dans ses décisions quotidiennes, ses processus et ses produits – notamment l’évaluation des risques, la due diligence, le reporting et le développement de produits verts.
Avec un portefeuille vert de plus de 53 milliards de KES (environ 410 millions de dollars américains) et l’objectif d’atteindre 25 % de l’ensemble de ses prêts, KCB s’est fixé un cap ambitieux pour développer le financement de l’atténuation et de l’adaptation au changement climatique. La question n’était donc pas de savoir s’il fallait agir, mais de savoir comment mettre en place, concrètement, les systèmes et outils appropriés pour le faire de façon cohérente et à grande échelle.
En 2024, Proparco a confié à Adelphi, cabinet de conseil international spécialisé en finance durable, la mise en œuvre d’un programme d’accompagnement technique de deux ans alliant analyse technique, outils pratiques et renforcement des capacités – et permettant à la banque de gérer les risques liés au climat et d’identifier de nouvelles opportunités de financement. Il s’agissait donc de transformer les engagements climatiques de KCB en actions concrètes, dans la gestion des risques, la due diligence, le reporting et le développement de produits verts. Responsable du développement durable et de l’impact chez KCB, Judith Sidi Odhiambo explique pourquoi le renforcement de l’intégration des enjeux climatiques est important pour la banque.
Judith Sidi Odhiambo est responsable du développement durable et de l’impact chez KCB et joue un rôle clé dans la promotion du développement durable, en intégrant les considérations climatiques dans les processus et les opérations bancaires et en développant les opportunités de financement vert.
Pourquoi était-il important pour KCB de mieux prendre en compte les considérations climatiques dans ses décisions bancaires ?
Le changement climatique représente à la fois des risques financiers et de nouvelles opportunités commerciales. En renforçant l’intégration des enjeux climatiques, KCB améliore sa gestion des risques, anticipe les exigences réglementaires et accompagne plus efficacement ses clients dans leur transition vers des modèles économiques durables. Cela renforce également la résilience de la banque, tout en lui permettant de développer des solutions de finance durable qui soutiennent les objectifs climatiques et de développement du Kenya.
Quels sont les effets de cette évolution, en particulier sur la façon dont KCB gère les risques et saisit les opportunités de financement climatique ?
Le programme a renforcé la capacité de KCB à évaluer les risques climatiques, notamment grâce à l’amélioration des due diligences, à un reporting consolidé et à la mise en place de tests de résistance climatique. Il a aussi créé des bases solides pour identifier de nouvelles opportunités de financement, notamment à travers le développement de produits verts et le soutien aux très petites et moyennes entreprises (MPME) ainsi qu’aux clients qui investissent dans des solutions résilientes.
Concrètement, en quoi consistait ce programme d’accompagnement technique ?
Le programme a commencé par un état des lieux de la maturité climatique de KCB. Ce diagnostic préalable a permis de cibler les points à travailler en priorité : vérifications préalables, données, processus internes et compétences des équipes. À partir de là, adelphi a développé des outils pratiques pour évaluer les risques climatiques, réaliser des stress tests et mener les due diligences nécessaires, tout en aidant KCB à identifier des opportunités de prêts verts. La deuxième phase du programme s’est concentrée sur la création de deux produits verts alignés sur la stratégie de KCB, ainsi que sur la tenue de 12 sessions de formation pratique et d’ateliers, qui ont mobilisé 70 collaborateurs.
Quelles compétences les équipes de KCB ont-elles développées grâce au programme ?
Grâce au programme, le personnel connaît mieux les risques et les opportunités liés au climat. Les équipes disposent aujourd’hui aussi d’outils concrets pour l’évaluation des risques, le reporting et le développement de produits. Ces compétences permettent d’intégrer les considérations climatiques dans le quotidien de la banque : de meilleures décisions, une gouvernance plus solide, et une stratégie de développement durable renforcée sur le long terme.
Selon vous, quelle a été la principale valeur ajoutée de l’accompagnement technique pour les équipes de la KCB ?
La combinaison d’une expertise technique de haut niveau, d’outils pratiques et d’un renforcement des capacités. Le programme a consolidé les connaissances internes, amélioré les processus de reporting climatique et introduit des ressources qui sont désormais intégrées à la stratégie et aux opérations de la KCB. Il a également permis aux équipes de mieux identifier, évaluer et gérer les risques et opportunités liés au climat au sein du groupe.
Points clés à retenir
- Les risques climatiques sont maintenant totalement intégrés dans l’analyse du portefeuille de prêts de KCB, les risques physiques et de transition étant cartographiés au niveau du portefeuille.
- Un outil automatisé de due diligence permet désormais aux chargés de prêts de générer un profil de risque climatique, d’identifier des mesures d’adaptation et d’atténuation, et de vérifier l’éligibilité selon trois taxonomies dans un processus unique.
- Soixante-dix collaborateurs ont bénéficié d’une formation au cours des deux phases du programme d’accompagnement technique, dont environ la moitié sont des femmes.
À propos de la Kenya Commercial Bank (KCB)
Fondée en 1896, la KCB est la plus grande banque d’Afrique de l’Est en termes de parts de marché. Présent au Kenya, au Rwanda, en Ouganda, en Tanzanie, au Burundi, au Soudan du Sud et en République démocratique du Congo, le groupe a mis en place l’un des plus grands réseaux d’agences de la région. En 2024, la banque a octroyé 53,2 milliards de KES (environ 410 millions de dollars américains) de prêts verts, portant ainsi son portefeuille vert de 15 % à plus de 21 % de son encours total de prêts. Son objectif : maintenir un volume annuel de prêts verts de 50 milliards de KES.
À lire aussi
Turquie : Proparco et FMO soutiennent le développement des capacités agroalimentaires d’Armada Gıda
Publié le 19 octobre 2026
« Une relation privilégiée et innovante avec la BOAD »
Publié le 15 octobre 2026