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Conformément à l’accord de Paris, nous devons réduire rapidement les émissions mondiales de Gaz à Effet de Serre (GES) pour atteindre la neutralité carbone avant la fin du siècle. Il s’agit d’un défi colossal, tant par l’ampleur des actions à entreprendre que par leur vitesse d’exécution. On connaît dans ses grandes lignes le chemin pour y parvenir. Il se compose d’un effort drastique d’efficacité énergétique qui représente la moitié des émissions évitées à terme, ainsi que d’une décarbonation de la production d’électricité, d’une électrification croissante des usages et d’une restauration des puits de carbone naturels que sont les forêts et la biomasse. Cette « trajectoire 2°C » présente de nombreux avantages sur d’autres fronts, notamment sanitaires, en réduisant les pollutions atmosphériques. Elle conduit à inventer une nouvelle forme de développement économique, nécessaire pour les pays pauvres et les plus défavorisés d’entre nous, alors que l’inaction au contraire entraînera de graves difficultés économiques et sociales dues aux dommages climatiques.

Le rôle de catalyse du secteur public

Cela nécessite des investissements massifs, estimés par le rapport New Climate Economy à 6 trillions de dollars par an à l’échelle mondiale au cours des quinze prochaines années, soit guère plus que les 89 milliards qui seraient de toute façon dépensés si l’on ne changeait rien. Ces montants sont accessibles mais l’argent public et celui des institutions multilatérales ne suffiront pas pour atteindre ces objectifs et l’implication du secteur privé est plus que jamais d’actualité.

Les  acteurs publics doivent jouer leur rôle de garant de l’intérêt général en créant des incitations économiques  adaptées (prix au carbone, réglementations et normes) comme le rappellent dans leur rapport les économistes N. Stern et J. Stiglitz .

Les budgets publics doivent à la fois être réorientés vers des projets climat mais aussi encourager des flux de capitaux privés vers des projets durables. Cela peut se faire en contribuant aux financements des phases amont des projets, en garantissant une partie des risques, en permettant un effet de levier aux financements privés, en émettant des green bonds souverains, comme l’a fait la France en début 2017 et bien sûr en participant au Fonds Vert. L’ampleur des financements nécessaires implique un changement d’échelle et une coopération entre les bailleurs, tant financière que du point de vue de leurs pratiques. Les banques et agences de développement ont de ce point de vue un rôle clef car elles peuvent de plus en plus intégrer les enjeux climatiques, tant en termes d’atténuation de GES que d’adaptation au changement climatique malheureusement en partie inéluctable. C’est ainsi que Proparco s’est fixée comme objectif de consacrer deux milliards d’euros de financements d’ici à 2020 à la lutte contre le changement climatique et à réduire les émissions de CO2 de ses projets de 15 millions de tonnes chaque année à partir de 2020.

Favoriser le mix énergétique et les énergies propres

La recherche de solutions bas-carbone vise à favoriser l’accès à l’électricité et à diversifier le mix énergétique en exploitant le potentiel solaire, éolien ou hydro-électrique voire en recyclant les eaux usagées et plus généralement les déchets. C’est le sens du projet Khi Solar One mené par Proparco en Afrique du Sud ou Azito en Côte d’Ivoire, ayant permis la construction de centrales thermique à concentration. Le succès de ces initiatives dépend de la compréhension que se fait le secteur privé international et local du bien-fondé de la démarche d’adaptation au changement climatique et de la création de solutions adaptées aux géographies locales. L’African Renewable Energy Scale Up facility, financée par l’Union européenne et initiée en mars 2017, permettra à Proparco de mobiliser 12 millions d’euros en faveur de l’off-grid - l’électrification hors réseau (kits solaires ou mini-réseaux) adaptées notamment aux zones rurales ou péri-urbaines.

Encourager les synergies entre bailleurs

Seule la coopération entre les acteurs permettra un changement d’échelle au niveau des engagement pris lors de la COP21. Renforcer le mécanisme des green ou climate bonds et celui de fonds communs d’investissement destinés à des projets « climat » est une voie particulièrement prometteuse. C’est le sens du Interact Climate Change Facility (ICCF), qui se replace dans la lignée du Fonds Vert pour le climat. L’ICCF, créé en 2011, finance des opérations du secteur privé en faveur des énergies renouvelables (éolien, solaire, hydroélectrique…) et de l’efficacité énergétique C’est le sens également du projet de création en Asie du Sud-Est d’un fond de capital dédié à investir dans de petits projets d’infrastructures d’énergie propres et renouvelables. Toutes ces initiatives  montrent qu’il est possible de mobiliser de manière complémentaire différences sources de financement pour cette cause qui s’impose à nous de manière de plus en plus impérieuse, la lutte contre le  changement climatique.