Numéro 5 - Les marchés financiers en Afrique : véritable outil de développement ?

Numéro 5 - Les marchés financiers en Afrique : véritable outil de développement ?

Avril 2010

Editorial

Par Luc Rigouzzo, Directeur Général de Proparco

Les marchés financiers africains ont connu, depuis le début des années 1990, une croissance spectaculaire ; alors une douzaine, ils sont maintenant 23 et couvrent l’ensemble du continent. La capitalisation boursière a été multipliée par neuf, et plus de 2 000 entreprises sont maintenant cotées. Depuis quelques années, les introductions en bourse se sont multipliées, permettant à certaines banques ou à des entreprises de lever des capitaux considérables – ce qui démontre, à n’en pas douter, la profondeur de l’épargne locale et l’intérêt des investisseurs nationaux pour les places boursières.

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La récente montée en puissance des marchés financiers africains

Les marchés financiers jouent un rôle de plus en plus important dans le financement du secteur privé africain. Leur récente montée en puissance est indéniable – malgré le coup d’arrêt porté par la crise de 2008 : flux de capitaux multipliés par six en 10 ans, ouverture de places boursières, introduction en bourse de sociétés publiques et privées, etc. Pour poursuivre le développement de ces marchés, il est essentiel de libérer l’épargne africaine – retenue captive par des actifs de faible rendement et par l’absence d’offre de qualité – et de savoir mieux capter les flux d’investissement de portefeuille. >> Télécharger l'article de Cyrille Nkontchou

 

L'actionnariat populaire en Afrique, un outil tant politique que financier

Dans le contexte africain, l’actionnariat populaire pouvait paraître voué à l’échec ; il est aujourd’hui un des axes majeurs du développement des marchés financiers africains. Cet actionnariat semble rencontrer une véritable adhésion populaire, en particulier auprès des cadres urbains. Mais son succès doit surtout aux politiques. Ils y ont vu l’instrument nécessaire à la mise en place des privatisations. Favoriser la participation de la population à l’introduction en bourse d’une société permet à la fois d’atteindre des objectifs économiques et politiques – de gagner durablement le soutien populaire tout en développant de nouveaux produits d’épargne. >> Télécharger l'article de Laurent Demey

La cotation en Afrique : avantages et inconvénients

La cotation du groupe hôtelier international TPS EA à la Bourse de Nairobi a renforcé sa visibilité et sa notoriété, a favorisé son développement commercial. Par l’ouverture du capital au grand public, elle aura de plus répondu aux objectifs fixés par le principal actionnaire – le Fonds Aga Khan. Mais la cotation ne comporte pas que des avantages. Contrainte d’assurer un niveau élevé et régulier de profitabilité, la société ne peut se permettre de prendre trop de risques. Par ailleurs, les exigences en matière de comptabilité, de reporting et de gouvernance d’entreprise sont nombreuses et coûteuses. >> Télécharger l'article de Mahmoud Janmohamed

La cotation multiple en Afrique : l'expérience réussie d'Ecobank

Ecobank Transnational Incorporated a lancé en 2006 une opération de cotation simultanée sur trois places boursières africaines. Cette introduction particulière a apporté au groupe une souplesse financière accrue, un actionnariat diversifié, populaire et véritablement panafricain, un renforcement de sa notoriété et de sa rigueur financière. Par ailleurs, de telles opérations favorisent l’intégration régionale et améliorent la profondeur et la liquidité des marchés, au bénéfice également des actionnaires. Malgré des contraintes administratives importantes, la cotation multiple devrait ainsi être favorisée en Afrique. >> Télécharger l'article de Arnold Ekpe

Quels sont les déterminants du développement des marchés financiers d'Afrique subsaharienne ?

Les marchés financiers d’Afrique subsaharienne sont globalement immatures –leur faible activité et la domination du secteur bancaire sont des caractéristiques largement  partagées. Mais si la taille d’un marché et celle de son économie sont proportionnelles, il est possible de dépasser les contraintes d’échelle en favorisant l’intégration régionale.  Là encore, rien n’est simple et il faut sans doute procéder graduellement. Des réformes immédiates sont pourtant envisageables, en commençant par l’amélioration des services  bancaires et la mise en place de structures juridiques et de régulateurs plus forts >> Télécharger l'article de Scott Standley

Comment les bailleurs de fonds peuvent-ils soutenir le secteur financier en Afrique ?

Si le secteur financier africain n’a pas été durement affecté par la crise de 2008, cette dernière a néanmoins révélé ses faiblesses structurelles – dont l’étroitesse des marchés et le faible niveau de crédit accordé au secteur privé. Le développement des marchés de capitaux semble donc, dans ce contexte, particulièrement difficile. Mais pas impossible.; les bailleurs de fonds, en coopération étroite avec les autorités locales, peuvent le renforcer par leurs conseils et leur expertise. Au-delà, ils peuvent agir très directement sur l’approfondissement et la liquidité des places financières. >> Télécharger l'article de Thierry Tanoh

Développement de la finance et croissance économique : banques versus marchés financiers ?

Les théories économiques divergent radicalement sur le rôle joué par les banques et les marchés dans le développement d’un secteur financier - ainsi que leur lien avec la croissance économique. Répondre à ces questions est essentiel : il s’agit d’orienter concrètement les politiques économiques. Si des indicateurs permettent de relier la croissance économique au système financier, il n’existe en revanche aucune preuve permettant de soutenir les banques au détriment des marchés – ou inversement. Selon une «logique de services», c’est bien plutôt la complémentarité entre les deux acteurs qui est déterminante. >> Télécharger l'article de Thorsten Beck