Agence d'ACEP dans la ville de Mbalmayo
Proparco vient de signer un nouveau projet avec l’Agence de Crédit pour l’Entreprise Privée au Cameroun S.A. (« ACEP Cameroun »), membre du réseau panafricain de microfinance ACEP International. Le prêt en devises locales de 2 milliards de francs CFA, équivalent à 3 millions d’euros, permettra de soutenir le développement des activités de l’IMF notamment auprès des PME et dans les zones rurales.

Il s’agit de la première opération de Proparco en zone CEMAC dans le secteur de la microfinance. Ce projet s’inscrit dans sa stratégie en faveur du développement des institutions de microfinance d’Afrique subsaharienne et de promotion d’une microfinance responsable.

 

Un acteur reconnu du secteur

Fondée en 1999 en partenariat avec le gouvernement camerounais sur financement de l’Union Européenne et de l’Agence Française de Développement, ACEP Cameroun est depuis 2005 une institution de microfinance privée. L’IMF propose une gamme diversifiée de services financiers (crédit, épargne, transfert d’argent, banque à distance) adaptée à sa clientèle historiquement composée de micro et TPE. Elle accompagne aujourd’hui plus de 30 000 clients, dispose d’un réseau de 23 agences couvrant 7 des 10 régions du pays, et emploie 350 personnes.

Le financement de Proparco permettra ainsi de soutenir l’emploi local, de contribuer à l’inclusion financière, dans un pays où le taux de bancarisation n’est que de 12 %, et de soutenir le secteur privé avec le développement de crédits aux PME.

 

Développer des offres adaptées aux zones rurales

Alors que 60% de la population camerounaise vit en zone rurale, les institutions de microfinance restent encore très concentrées dans les grandes villes. ACEP Cameroun s’est donc lancée depuis 2013 dans le développement de ses activités en zone rurale, appuyée par des financements de l’AFD qui lui ont permis d’ouvrir 5 agences rurales, dans les régions du SUD (Sangmelima), du Centre (Bafia), de l’Ouest (Foumbot et Mbouda) et du Littoral (Nkongsamba). La mise en place d’un crédit agricole est un succès auprès des producteurs de café et de cacao et a vocation à prendre une part grandissante dans les activités d’ACEP Cameroun.

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Frédéric TUEKAM, animateur réseau chargé du développement rural d’ACEP.

 

Avec plus de 60% de la population active travaillant dans le secteur agricole, les institutions de microfinance doivent proposer des offres de crédit adaptées.

 

Après des études de droit, je suis devenu agriculteur. J’avais plusieurs exploitations, principalement des cultures de cacao et de légumes. C’est à ce moment-là que j’ai découvert le réseau ACEP : j’ai sollicité un micro crédit au moment où l’AFD l’incitait à développer ses activités en zone rurale.

 

J’ai d’abord suivi plusieurs formations agricoles puis, comme je connaissais parfaitement les différents sujets de terrain, ACEP m’a proposé de les aider à développer des offres adaptées aux zones rurales. Je les ai donc rejoints il y a près de 5 ans en devenant consultant. J’ai formé le personnel d’ACEP et aidé à concevoir des micro-crédits qui respectaient les besoins des agriculteurs et le calendrier des récoltes. C’est tellement plus complexe et long de mettre en place des offres adaptées au contexte rural car il existe beaucoup plus d’aléas qu’en zones urbaines : des aléas liés aux variations des cours des matières premières, des aléas climatiques qui peuvent impacter les récoltes et donc la capacité de remboursement des agriculteurs…

 

C’est pourquoi nous incitons également les agriculteurs, qui cultivent ici majoritairement du cacao ou du café, à s’organiser en coopératives et à diversifier leur activité pour aller vers la polyculture (maïs, haricots, piments ou encore pastèques). Cela leur permet de diversifier et donc de limiter les risques. Nous les accompagnons vers cette polyculture en organisant des formations avec des conseillers agricoles.

 

Aujourd’hui, nous intervenons dans la plupart des régions du pays et nous touchons même les agriculteurs installés dans les secteurs les plus reculés. L’an dernier, nous avons accordé 2 milliards de  francs CFA de micro crédits dans ces zones rurales avec un taux de remboursement qui avoisine les 93%. La preuve que nous avons réussi à créer un véritable pacte de confiance avec les agriculteurs.

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Michel Placide ESSOMBA, menuisier à Mbalmayo, vient de souscrire à son 2nd crédit ACEP pour accompagner le développement de son entreprise.
ACEP nous aide à grandir et reste proche de nous, à l’écoute de nos besoins.
Mon 1er crédit m’a permis de pérenniser ma menuiserie.
Ici, la menuiserie est un métier d’avenir. J’emploie 8 personnes et j’ai également 2 jeunes en formation. Aujourd’hui, j’aimerai créer une salle d’exposition pour présenter nos créations
».

 

 

 

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Patrick KUEFOUO, boulanger à Mblamayo, est client d’ACEP depuis 10 ans.

J’ai commencé seul avec un four artisanal. Les crédits ACEP m’ont permis d’accompagner chacune de mes nouvelles ambitions de payer le matériel et de me développer.
Aujourd’hui nous sommes 65 employés, j’ai 2 grands fours, j’ai ouvert ma boulangerie puis une supérette adjacente».