• logo linkedin
  • logo google plus
  • logo email
Delphine Moreau
Cette tribune de Delphine Moreau, chargée d’affaires senior et référente agro-industrie à Proparco, a été publiée dans le dossier thématique dédié à l'agriculture de Jeune Afrique.

En représentant 15% du PIB du continent et 60% des emplois, le secteur de l’agro-industrie est central dans le développement économique et social de l’Afrique. Les acteurs du secteur développent une chaine de valeur locale et améliorent l’accès aux biens de première nécessité, se substituant aux importations. Cela permet de baisser les prix et de renforcer l'autosuffisance alimentaire des pays. Les acteurs privés participent aussi au développement des infrastructures (écoles, centres de santé) dans des zones rurales et enclavées.

Mais le développement de l’agriculture nécessite des investissements massifs, supérieurs à ce que les Etats peuvent mobiliser. Le rôle des institutions de développement, comme Proparco, est d’accompagner ce secteur vital. Notre valeur ajoutée est de venir en complément de l’offre bancaire locale en apportant aux entreprises locales des prêts à long terme ou des fonds propres. Au fil des projets, Proparco conseille ses clients sur la structuration financière afin d’attirer d’autres investisseurs à ses côtés.

 

Aujourd’hui, le défi à relever est d’accompagner le développement d’une agro-industrie durable. Avec un doublement de la population attendu d’ici 2050, la sécurité alimentaire est un enjeu majeur pour le continent. Mais on ne peut y répondre sans prendre en compte les enjeux climatiques ou les écosystèmes, sans intégrer les petits exploitants agricoles - qui représentent 80% de la production-  dans la chaine d’approvisionnement ou respecter les droits des travailleurs et les droits fonciers coutumiers.

 

Au-delà du soutien financier, notre rôle d’institution de développement est donc d’assurer la diffusion de meilleures pratiques environnementales et sociales. Proparco travaille avec des entreprises qui souhaitent réellement améliorer leurs pratiques et développe avec elles des plans d'actions exigeants. Ces plans les engagent à une meilleure gestion environnementale (eaux usées, émissions atmosphériques, gestion des déchets), à une meilleure prise en compte de leur environnement naturel (protection de la biodiversité) et de leur environnement social (santé et sécurité au travail, non-discrimination, soutien au développement communautaire…). C’est ce que Proparco fait par exemple avec des acteurs tels que SIFCA en Afrique de l’Ouest ou SCOUL en Ouganda. Un engagement que nous poursuivrons pour accompagner les acteurs privés africains vers une agriculture durable.