45 700
étudiants bénéficieront d'un service de qualité dans les structures éducatives financées par Proparco en 2015.
70 000
étudiants diplomés depuis 1967
60%
des nouveaux diplomés de la PUCMM sont des femmes
RÉPUBLIQUE DOMINICAINE — Pour assurer l’avenir de leur jeunesse et celui de l’île, les autorités dominicaines veulent « démocratiser le supérieur ». Faute de moyens pour financer les universités et la formation continue du corps professoral, elles s’appuient largement sur les acteurs privés. Parmi eux, l’université catholique pontificale Madre y Maestra (PUCMM) assure, depuis plus de 50 ans, une mission de service public.

Comme de nombreux pays latino-américains, la République dominicaine a connu une explosion du nombre d’étudiants inscrits au cycle supérieur (universités, instituts techniques et spécialisés) : de 2 000 en 1950 à plus de 400 000 en 2014, avec un triplement des effectifs entre 1990 et 2011.

60 % des étudiants dominicains sont aujourd’hui inscrits dans environ 45 établissements privés et 40 % dans la seule université publique du pays, l’université autonome de Saint-Domingue (UASD), qui f t la première université des Amériques, fondée en  538, un siècle avant Harvard.

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À Santiago, où elle a été créée en 1962, la PUCMM a été reconnue   « patrimoine éducatif

de la ville ».

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LE NOMBRE AU DÉTRIMENT DE LA QUALITÉ ?
Cette « massification » rapide de l’enseignement supérieur a particulièrement affecté la capacité de gestion de l’UASD, la qualité de l’enseignement dispensé et des diplômes obtenus. Dans un pays où 40 % de la population a moins de 20 ans et où 660 000 étudiants sont attendus à l’horizon 2018, les défis logistiques, financiers et organisationnels sont considérables.
Avec 2 % de son PIB consacrés à l’éducation supérieure, l’État dominicain ne peut assumer seul la croissance des coûts générés par un enseignement supérieur de masse. C’est dans ce contexte que les pouvoirs publics se sont reposés sur une croissance très forte du secteur privé (ONG, organisations confessionnelles, sociétés privées à but lucratif ou non, etc.).
Le pourcentage d’étudiants inscrits dans le privé est passé de 23 % en 1970 à 60 % en 2016. En Amérique latine, l’essor des établissements privés, s’arrogeant parfois abusivement le titre d’université ou d’institut, fait couler de l’encre : au Brésil, au Chili, mais aussi en République dominicaine. En cause : une multiplication quelquefois anarchique d’institutions offrant un enseignement de faible qualité, pas toujours en phase avec les besoins du marché et les enjeux d’insertion professionnelle des jeunes.
Pourtant, les acteurs privés s’inscrivent dans une dynamique d’intérêt général ; ils peuvent se révéler de précieux alliés des politiques éducatives nationales et, plus largement, du développement des pays. C’est le cas de l’université catholique pontificale Madre y Maestra (PUCCM).

PUCMM-Sciences
LA MADRE Y MAESTRA, UNE UNIVERSITÉ PRIVÉE « AU SERVICE DE LA COMMUNAUTÉ »
À l’occasion d’un séjour en République dominicaine, un journaliste haïtien écrivait : « J’ai été impressionné par l’université catholique pontificale Madre y Maestra ( PUCMM sous son acronyme en espagnol). Et j’ai rêvé du jour où Haïti disposerait d’un tel centre d’enseignement. Un centre doté de toutes les commodités que requiert la vie estudiantine et qui ferait une large part aux branches techniques, domaine essentiel dans le développement d’un pays ».
Fondée en 1962, cette institution qui fait l’admiration du journaliste est le plus ancien établissement privé de la République dominicaine. À but non lucratif, la PUCMM s’est construite autour d’un engagement, celui de « former des ressources humaines au service de la communauté ». Elle possède aujourd’hui deux campus : le principal, historique, à Santiago de los Caballeros, au nord de l’île, et le second, plus modeste, sur la capitale.

La PUCMM compte quatre facultés et propose 42 filières de premier cycle et autant de troisième cycle, en partenariat avec des universités étrangères, notamment aux États-Unis et en France (par exemple l’ENA et Sup de Co Montpellier). Elle bénéficie d’infrastructures et d’équipements modernes à la fois pour les enseignements (amphithéâtres, laboratoires, bibliothèque, etc.) et la vie des étudiants (salle polyvalente, théâtre, installations sportives, parcs, etc.). Avec 16 000 inscrits, elle est la quatrième université du pays et est considérée comme l’une des meilleures, notamment sa faculté de médecine. La PUCMM est soumise aux standards de qualité du réseau des universités catholiques pontificales, qui tendent à s’imposer sur le marché national. En outre, la République dominicaine s’est engagée dans une démarche d’accréditation des programmes et des institutions académiques d’Amérique latine et de la Caraïbe. La PUCMM affiche un taux d’insertion de ses étudiants sur le marché du travail proche des 100 %. Mais au cours des dix dernières années, le nombre d’inscrits à la PUCMM n’a cessé de croître : + 37 % dans les cursus de sciences de l’ingénieur et + 54 % en sciences de la santé.

PUCMM-SCIENCES
DES CRÉDITS POUR LES ÉTUDIANTS LES PLUS MÉRITANTS
« Les programmes de crédit aux étudiants existent depuis la création de l’université, rapporte la vice-rectrice de l’université, Immaculada Adames. Ils constituent un outil essentiel à la mise en oeuvre de la philosophie de l’université : ils donnent accès à une éducation supérieure de qualité à des jeunes méritants, indépendamment de la situation économique de leur famille. » À la PUCMM, 30 % des étudiants bénéficient de ce dispositif. Conjointement aux interventions de Proparco, l’AFD accompagne également l’université depuis dix ans : elle lui a ainsi accordé trois prêts depuis 2006, équivalents à 26 millions d’euros. Ces financements ont notamment soutenu la politique d’inclusion sociale de la PUCMM en faveur d’étudiants méritants à
faibles revenus, dominicains et haïtiens. Plus de 5 000 d’entre eux en ont déjà bénéficié. La complémentarité entre Proparco et sa maison mère est d’autant plus effective que les interventions de Proparco, pour améliorer la qualité des infrastructures et des équipements éducatifs, est renforcée par celles de l’AFD visant à améliorer le niveau de qualification du corps professoral : une soixantaine de professeurs bénéficieront de formations au niveau master et doctorat d’ici à 2018. Enfin, l’AFD accompagne la PUCMM dans son internationalisation : 95 étudiants ont intégré un programme de double diplôme avec des établissements français et dix programmes d’échanges entre la France et la République dominicaine ont été conclus.

Parce qu’elle facilite l’accès de milliers de jeunes Dominicains à une éducation de qualité, reconnue dans le pays et à l’international, la PUCMM participe non seulement à démocratiser l’enseignement supérieur, mais aussi à offrir à la jeunesse dominicaine des compétences solides, en phase avec les besoins du marché du travail local et régional. Elle se positionne, en ce sens, comme un véritable partenaire des pouvoirs publics.

Projet PUCMM
PROPARCO ET L’AFD, DES PARTENAIRES AU LONG COURS
Pour répondre à cette demande croissante et à l’objectif de « démocratiser le supérieur », la PUCMM a besoin de ressources en devises et à long terme, qui font cruellement défaut localement. C’est la raison pour laquelle Proparco est intervenue en 2015, en accordant un prêt de 16 millions de dollars à la PUCMM pour soutenir la construction et l’équipement de la nouvelle faculté des sciences de la santé et l’agrandissement de la faculté d’ingénierie sur son campus à Saint-Domingue.

Il s’agit du cinquième prêt alloué par le groupe AFD à la PUCMM. En 2003, Proparco avait participé, via un premier prêt de 12 millions de dollars, à un important programme d’investissement sur son campus de Santiago : construction d’une école d’architecture et d’un nouveau centre de formation technicoprofessionnelle, modernisation et équipement de diverses infrastructures pour les études de master, le centre des étudiants et la bibliothèque.