Nous sommes heureux de partager avec vous ce premier numéro de
Secteur privé et développement
, revue bimestrielle qui vise à croiser les opinions de la communauté d’investisseurs de Proparco avec celles d’experts académiques et de membres de la société civile sur le rôle du secteur privé dans le développement des pays du Sud.
Le secteur privé représente un outil puissant de développement pour les pays pauvres, à la fois principal moteur de croissance et de création d’emplois et relais des politiques publiques grâce notamment aux partenariats publics privés. Dans de nombreux pays, il contribue d’ailleurs à la fourniture de services essentiels. Enfin, même dans les pays les plus pauvres, les flux privés externes (investissement direct étranger et flux de migrants) et internes (épargne et investissement local) sont sans commune mesure avec les montants de l’aide publique au développement.
Pourtant, la littérature sur ce sujet est peu développée.
Secteur privé et Développement
a pour objectif de contribuer à combler ce manque. La revue traitera de sujets variés : les impacts de la téléphonie mobile sur le développement, le rôle du secteur privé dans l’accès à l’eau, les défis de la microfinance…
Ce premier numéro est consacré à l’accès insuffisant des PME africaines au financement, celui-ci étant l’un des goulots d’étranglement majeur de la croissance du continent.
Je voudrais remercier chaleureusement toute l’équipe éditoriale et chacun des contributeurs à ce numéro dont les articles ne se contentent pas de rappeler les raisons structurelles de cette situation, mais contribuent à battre en brèche plusieurs idées reçues. Car si les crédits au secteur privé africain plafonnent aujourd’hui à moins de 18 % du PIB contre plus de 100 % dans les économies développées (A. Tadesse, E. Sacerdoti), ce n’est pas tant en raison d’une rentabilité insuffisante de l’intermédiation financière sur le continent (M.S. Martinez Peria) mais surtout le fait d’une perception excessive du risque par les systèmes financiers locaux et internationaux (P. Collier, J. Lefilleur). Or, l’expérience de praticiens ayant accepté de consacrer des moyens humains à ce segment de marché (P. Derreumaux, P. Hoppenot) démontre que l’activité de financement des PME peut être tout à fait rentable. Ce constat est d’ailleurs partagé par tous les intermédiaires financiers que Proparco accompagne sur ce continent depuis trente ans.
Comme le souligne l’article de Paul Collier, la sortie de cette revue coïncide avec une crise économique qui risque de réduire à nouveau les disponibilités de financement des PME africaines, ce qui serait paradoxal dans la mesure où tout le monde s’accorde sur le fait que la croissance du continent restera largement supérieure à celle des pays de l’OCDE en raison notamment de l’évolution démographique et de l’urbanisation qui conduisent pour la première fois à l’apparition d’un vaste marché intérieur.
Cette crise met également en lumière l’importance des convergences entre le secteur privé et le secteur public et pousse encore davantage à rechercher des modèles économiques qui concilient profitabilité et impacts développementaux, environnementaux et sociaux. C’est tout l’objet de cette revue que de contribuer au débat sur le rôle du secteur privé dans ce processus; elle n’a pas vocation à être la propriété de Proparco mais bien à être un outil d’échange entre tous les membres de cette communauté d’acteurs Nord-Sud intéressés par ces sujets.
N’hésitez donc pas à vous abonner gratuitement et à faire connaître cette revue autour de vous !