Numéro 7 - Faut-il promouvoir le tourisme dans les pays en développement ?

Numéro 7 - Faut-il promouvoir le tourisme dans les pays en développement ?

Editorial

Par Luc Rigouzzo, Directeur Général de Proparco
 
Depuis plus d’un demi-siècle, le tourisme croît de façon constante, à un rythme plus rapide que les échanges internationaux. Cette tendance semble aujourd’hui irréversible ; l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) prévoit plus d’un milliard d’arrivées de touristes internationaux dans le monde en 2010 et 1,6 milliard en 2020. Bien que les pays en développement n’occupent encore qu’une position marginale dans les flux touristiques internationaux, leurs performances s’améliorent à un rythme supérieur à la moyenne mondiale. Pour ces pays - dont l’activité économique repose souvent sur un petit nombre de secteurs d’activité -, le tourisme offre un réel potentiel de diversification. Il peut être une source considérable de devises, de revenus et d’emplois, vecteur de progrès économique et social.
 
En dépit de ce constat chiffré, les liens entre tourisme et développement font toujours débat. Les entreprises touristiques contribueraient peu aux économies locales, elles auraient des effets indésirables dans les domaines sociaux et environnementaux - voire culturels. D’autre part, les gouvernements comme les bailleurs de fonds lui accordent une importance très inégale, en raison notamment d’une perception élevée du risque. Le tourisme n’est véritablement inscrit à l’agenda du développement que depuis les années 1990 - grâce à des organisations comme l’OMT ou la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement - et sa contribution effective à la croissance et à la réduction de la pauvreté ne fait toujours pas consensus.
 
Pourtant, la croissance du secteur et son poids dans les économies des pays en développement - particulièrement dans celles des pays les moins avancés -, nous obligent à reconsidérer cette activité dans toute sa complexité, à prendre en compte aussi bien les risques qu’elle génère que les opportunités qu’elle offre. Ce numéro de Secteur privé et développement s’interroge sur l’intérêt de soutenir le secteur touristique - et sur les modalités de cet accompagnement.
 
Pour comprendre comment le tourisme affecte la croissance et la pauvreté, il faut prendre en compte ses multiples facettes. On peut s’interroger par exemple sur les motivations des opérations touristiques « all inclusive », de masse ou de luxe - quelle que soit leur taille - et sur leurs impacts sur les autres segments touristiques. Il est utile, aussi, d’essayer de comprendre en quoi ce secteur serait plus risqué que d’autres, rendant indispensables des structurations financières spécifiques. Les articles réunis dans ce numéro de Secteur privé et développement proposent au lecteur cette approche plurielle. Nous remercions l’ensemble des contributeurs de s’être prêté à cet exercice difficile, au regard de la complexité du secteur analysé et du caractère évolutif des débats en cours. Ils auront su nous faire part de leur vision nuancée d’un secteur en plein essor - ce qui n’est pas le moindre de leurs apports.
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