Numéro 7 - Faut-il promouvoir le tourisme dans les pays en développement ?

Numéro 7 - Faut-il promouvoir le tourisme dans les pays en développement ?

Septembre 2010

Editorial

Par Luc Rigouzzo, Directeur Général de Proparco

Depuis plus d’un demi-siècle, le tourisme croît de façon constante, à un rythme plus rapide que les échanges internationaux. Cette tendance semble aujourd’hui irréversible ; l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) prévoit plus d’un milliard d’arrivées de touristes internationaux dans le monde en 2010 et 1,6 milliard en 2020. Bien que les pays en développement n’occupent encore qu’une position marginale dans les flux touristiques internationaux, leurs performances s’améliorent à un rythme supérieur à la moyenne mondiale. Pour ces pays - dont l’activité économique repose souvent sur un petit nombre de secteurs d’activité -, le tourisme offre un réel potentiel de diversification. Il peut être une source considérable de devises, de revenus et d’emplois, vecteur de progrès économique et social.

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Tourisme pro-pauvres et tourisme de masse : une alliance qui s’impose

Malgré un impact significatif sur les débats, le tourisme pro-pauvres est loin de s’imposer. Basé sur trois hypothèses - voulant que tout type de tourisme peut contribuer à la lutte contre la pauvreté ou améliorer ses performances en ce domaine - son influence auprès des spécialistes, de l’industrie touristique et du public reste limitée. L’existence d’un cadre conceptuel, d’une méthode d’analyse et de preuves empiriques permettent aujourd’hui de montrer les avantages qu’il y aurait de rapprocher l’industrie touristique traditionnelle de la démarche pro-pauvres - un mariage de raison  qui bénéficierait à tous. >>Télécharger l'article de Jonathan Mitchell

 

Comment exploiter mieux le potentiel touristique de la Zambie ?

La Zambie reste une destination peu connue dont l'attrait touristique se résume aux chutes Victoria et à une faune sauvage et diversifiée. Si l’importance du tourisme est reconnue par les autorités zambiennes, le secteur est victime de préjugés. Sous-performant, il n’attire que 3 % des touristes qui visitent l’Afrique subsaharienne. Pourtant, une analyse détaillée semble montrer que les fuites financières sont surévaluées, que les retombées économiques sont mal perçues et que le tourisme pourrait participer encore plus au développement économique et à la réduction de la pauvreté. L’État, pour cela, doit notamment encourager l’intervention du secteur privé en améliorant le climat d’investissement, développer les infrastructures et renforcer son appui aux institutions publiques chargées du tourisme et de la gestion des aires protégées. >>Télécharger l'article de Kirk Hamilton et Jean-Michel Pavy

Le tourisme, un danger pour les pays en développement ?

Sans prise en compte et régulation de l’ensemble de ses impacts, le tourisme peut se révéler dangereux, en particulier pour les pays les moins avancés. Si les fuites de devises - « internes », « externes » ou « invisibles » - peuvent amoindrir son apport économique et financier, l’activité touristique peut elle-même générer des nuisances économiques (forte dépendance, concurrence avec les autres secteurs d’activités), sociales (déstructuration des habitudes culturelles) et environnementales (dégradation des sites). Ces dangers peuvent être analysés et gérés dans le cadre d’une stratégie de développement durable. >>Télécharger l'article de Jean-Jacques Nowak et Mondher Sahli

Combiner la rentabilité et les capacités développementales du tourisme

Pour assurer à la fois une dynamique économique, la valorisation des ressources humaines locales, du patrimoine culturel et naturel - tout en réduisant au maximum l’empreinte écologique des établissements -, le groupe hôtelier Serena s’appuie à la fois sur un cadre éthique, sur des analyses de risque poussées et sur une politique d’innovation permanente. Le groupe, créé et soutenu par l’AKFED, fait le pari que bien peu d’emplacements sont inaptes à l’activité touristique et qu’il est souvent possible de lier des objectifs développementaux à une vraie rentabilité économique. >>Télécharger l'article de Mahmud Janmohamed

 

Investir dans le tourisme : l’approche de la SFI

Si le tourisme joue un rôle clé pour les pays en développement, les projets d’investissements y sont soumis à des risques accrus. Pour être supportés, ces risques nécessitent un engage­ment à long terme et une sélection rigoureuse des projets. Les analyses d’investissements de la Société financière internationale (SFI), basées sur sa longue pratique du secteur, lui permettent de prendre en compte des objectifs tant économiques que développementaux. Modulant son intervention selon la nature et l’environnement d’un projet, la SFI mobilise toute une gamme d’outils et joue un rôle indispensable de catalyseur de financements. >>Télécharger l'article de Carolyn Cain et Anastasia Gekis

Quel tourisme pour les zones reculées des pays en développement ?

Les sites reculés des pays en développement présentent souvent un intérêt touristique majeur. Si les difficultés d’accès, l’absence d’infrastructures, de ressources humaines qualifiées posent problème, les investisseurs « pionniers » bénéficient des faibles coûts de l’immobilier, de la main d’oeuvre et des matières premières. Les emplois, l’aménagement du territoire et les transferts (savoir-faire, technologies, pratiques) profitent aux pays d’accueil. Une stratégie de développement intégrée, une régulation stricte peuvent rendre le tourisme dans ces zones réellement « durable ». >>Télécharger l'article d'Agnès Weil et Grégory Lanter

Le tourisme dans les pays en développement : un levier de croissance ignoré en dépit de son potentiel

Etant facilement observables, les impacts négatifs du tourisme ont tendance à occuper les espaces de discussion et de recherche, oblitérant de fait ses retombées positives, moins visibles et plus délicates à mesurer. La contribution du tourisme à l’économie des pays en développement est toutefois importante et les estimations montrent qu’elle va encore croître. Malgré cela, les États et les bailleurs de fonds n’attachent pas beaucoup d’importance au tourisme. Le concevant comme une forme d’exploitation ils ont l’inquiétude de voir le financement de projets touristiques affecter leur image. Ils sont aussi souvent découragés par les risques inhérents au secteur. Pourtant, l’expérience montre qu’il est possible de mettre en place des partenariats atténuant les impacts négatifs et favorisant le potentiel développemental du tourisme. >>Télécharger l'article de Denis Sireyjol