Pakistan - 2009 - Laraib - première centrale de production hydroélectrique indépendante

Proparco finance la première centrale de production hydroélectrique indépendante au Pakistan

Démarrage du projet : 2009
Financement : Prêt de 26 M$
Partenaire: Laraib Energy Limited


Contexte

Le Pakistan est en déficit énergétique : la production totale ne permet pas de faire face à la demande croissante. Le service est de faible qualité et peu fiable. Ce déficit est dû à :

- Une croissance importante de la demande (8%/an en moyenne entre 2004 et 2008), portée à la fois par la croissance démographique et économique et par une augmentation du taux d’électrification : aujourd’hui 65 % de la population (60 % en zone rurale) ont accès à l’électricité ;
- Une production insuffisante : le niveau insuffisant d’investissements publics à la fois en termes de maintenance et d’installation de nouvelles capacités de production a conduit à une stagnation de la capacité installée de production (aujourd’hui de 19 700 MW) et à une très mauvaise performance des installations existantes.

La consommation d’énergie s’est ainsi accrue de 30% sur la période 2004-2008 alors que les capacités de production demeuraient complètement inchangées, annonçant une crise durable dans le secteur, qui s’est avérée dès janvier 2008. Ses conséquences économiques ont été amplifiées par la forte hausse de prix des produits pétroliers.

Les autorités pakistanaises ont entrepris des réformes (libéralisation du secteur, environnement réglementaire, fiscal, tarifaire et création d’un organisme de contrôle) afin d’inciter les investisseurs privés à investir dans la production d’hydro-électricité et  développer le potentiel hydraulique du pays. Laraib Energy sera la première centrale hydroélectrique privée et indépendante du Pakistan.

Objectif du projet

La construction et l’exploitation d’une centrale hydroélectrique de 84 MW permettra d’augmenter la capacité de production du Pakistan, aujourd’hui largement déficitaire, tout en bénéficiant d’un coût de production relativement bas.

Descriptif du projet

Le projet consiste à construire et exploiter une centrale hydroélectrique de 84 MW à New Bong Escape, située à environ 120 km au sud est d’Islamabad. Cette centrale est le premier producteur privé d’énergie hydroélectrique au Pakistan. La société de projet, Laraib Energy Limited, a été créée spécifiquement pour ce projet au Pakistan en août 1995 par un groupe d’investisseurs privés, aujourd’hui actionnaires minoritaires de Laraib après l’arrivée en août 2008 d’un nouvel actionnaire majoritaire de renom, « Hubco ».
Le coût total du projet s’élève à près de 233 M$. PROPARCO, qui octroie 26 M$, participe à un financement total de 174,75 M$ en co-financement avec la Société financière internationale, la Banque asiatique de développement, la Banque islamique de développement et deux banques commerciales pakistanaises.

Impacts

Ce projet aura un effet catalytique significatif pour le secteur de l’énergie puisqu’il constitue le premier projet hydroélectrique développé par le secteur privé au Pakistan et le premier financement de projet structuré d’envergure de l’Etat de l’AJK. Cet effet sera d’autant plus important que le pays regorge d’un potentiel hydroélectrique inexploité important (48 GW dont 4 GW en AJK) susceptible de rééquilibrer les sources d’approvisionnement énergétiques du Pakistan aujourd’hui à 70% d’origine thermique (capacité totale installé au Pakistan : 20GW).

Outre l’indépendance énergétique apportée par ce rééquilibrage, le développement de l’énergie hydroélectrique permettra de réduire la volatilité du coût de l’électricité, qui est l’une des principales causes de la crise que traverse le secteur. Ainsi ce projet s’inscrit pleinement dans la stratégie du gouvernement pakistanais d’augmenter et de diversifier ses capacités de production en ayant recours à l’hydroélectricité.

Ce projet permettra enfin la création de 90 emplois de long terme directs et près de 500 emplois pendant la phase de construction.

Par ailleurs, les impacts environnementaux et sociaux sont très limités puisque :
- aucun déplacement de population n’est nécessaire ;
- la centrale est au fil de l’eau et ne nécessite aucun réservoir ;
- les terrains nécessaires au canal et aux installations ne semblent receler aucune espèce végétale ou animale particulièrement rares ;
- l’impact sur le débit des rivières / canaux en amont et aval de la centrale est négligeable.

 

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